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Association des Maires de France

« Les nouvelles intercommunalités, un levier pour de vraies stratégies de développement »

« Les nouvelles intercommunalités, un levier pour de vraies stratégies de développement »

Interview de Pierre Jarlier, maire de Saint-Flour (Cantal) et président de la commission Aménagement, urbanisme, habitat de l’AMF.

Pas de doute pour Pierre Jarlier, les nouvelles intercommunalités, à l’échelle des bassins de vie, faciliteront la mise en œuvre de vraies stratégies de développement. Présent à la Rencontre des présidents d'intercommunalité de l’AMF du 15 février, le président de Saint-Flour Communauté (56 communes pour 25 000 habitants, suite au regroupement de quatre communautés depuis le 1er janvier) estime qu’elles « pèseront plus dans les discussions avec tous les acteurs publics et privés ». En atteignant une taille critique, elles auront des démarches plus cohérentes, en liaison étroite avec les communes membres, en matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme ou de services de proximité. Le maire de Saint-Flour cite aussi le développement d’une ingénierie territoriale qui faisait souvent défaut en milieu rural. Au final, l’habitant sera gagnant avec de nouveaux services rendus possibles grâce aux mutualisations.

-Les nouvelles intercommunalités vont-elles peser davantage face aux acteurs publics comme privés ?

Suite aux fusions, posséder une taille suffisante permettra aux intercommunalités de devenir des interlocuteurs privilégiés du territoire. Elles pèseront plus dans les discussions avec l’ensemble des acteurs publics et privés. Cela est particulièrement vrai dans le contexte des grandes régions.Une approche territoriale du développement, à l’échelle pertinente du bassin de vie, identifiera des projets structurants avec des priorités partagées. La contractualisation sera facilitée malgré une période budgétaire contrainte. De nouvelles stratégies aboutiront à des complémentarités entre les territoires et donc à leur attractivité, en évitant les micro-concurrence ou les doublons entre équipements.Face aux opérateurs privés, disposer d’une taille critique donnera plus de poids pour négocier, notamment sur les marchés. Cela favorisera aussi la concurrence en créant des marchés plus importants et donc plus intéressants pour eux.

-Quelles retombées pour les services de proximité ?

Dans un secteur rural comme le mien, raisonner sur un bassin de vie améliorera considérablement la performance des services de proximité, grâce aux mutualisations. Je pense notamment à la collecte des ordures ménagères où l’on pourra couvrir un territoire plus grand tout en générant des économies. Les services seront optimisés grâce à une mise en commun des moyens.

-Comment développer des stratégies de développement ?

L’intercommunalité constituera un levier de développement afin d’identifier les points forts de chaque territoire et de partager les moyens pour les valoriser. Une taille critique donne aussi la capacité d’ingénierie territoriale nécessaire à la mise en oeuvre des politiques de développement local. C’est très important en milieu rural où cette ingénierie faisait souvent défaut jusqu’alors. L’aptitude à de vraies stratégies de développement territorial est flagrante en matière d’urbanisme. Dès lors que les communes sont d’accord, cette politique doit être élaborée à une échelle supra-communale. Il s’agit là d’un enjeu considérable pour permettre dans l’avenir un développement harmonieux des territoires, sans concurrences. Cela répondra aux questions d’habitat, de déplacements, d’implantation de zones d’activités et commerciales, de solidarité, de préservation des milieux naturels, de maintien des activités agricoles… Et la contractualisation avec l’Etat sur toutes ces politiques sera facilitée.

Source: http://www.amf.asso.fr/document/index.asp?DOC_N_ID=24315&TYPE_ACTU=