Combien coûte un mégawattheure (MWh) d’électricité nucléaire d’EDF ? Il s’agit sans doute de l’information la plus importante en vue de l’élaboration de la régulation post-Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), qui doit garantir des prix compétitifs aux consommateurs français tout en permettant à EDF de couvrir ses frais, d’investir dans son outil productif et de se rémunérer. C’est aussi une donnée cruciale pour le gouvernement français dans le cadre des négociations à Bruxelles sur la réforme du marché…

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Alors que les négociations sur la réforme du marché européen de l’électricité patinent, le gouvernement français prend les devants. Il a promis de présenter ses pistes de régulation post-Arenh dans les prochaines semaines. Paris fait donc cavalier seul, en imaginant des mesures nationales pour capter et redistribuer une partie de la « rente » d’EDF, quitte à s’isoler à Bruxelles.
Dans son bilan prévisionnel 2023-2035, Réseau de transport d’électricité (RTE) estime que l’atteinte des objectifs de décarbonation et de réindustrialisation nécessite de tripler les investissements dans le système électrique, en particulier sur les moyens de production et les capacités de flexibilité. Selon RTE, cette croissance des investissements va modérément tirer les coûts de production à la hausse, mais va aussi améliorer la balance économique du pays.
Contexte publie la synthèse du rapport de la Commission de régulation de l’énergie sur le coût complet du nucléaire existant. Trajectoires de productible, coût du capital, passage de Flamanville en puissance nominale… Le régulateur démonte point par point les hypothèses retenues par EDF pour estimer son coût de production.
Le dernier semestre 2023 sera marqué par l’atterrissage de la planification écologique, a priori au travers de la loi de programmation énergie-climat (LPEC), de la mise à jour de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et de la stratégie nationale bas carbone (SNBC). Le gouvernement définira aussi la nouvelle régulation pour les prix de l’électricité dans le cadre (ou pas) de la réforme européenne du marché de l’électricité.
Les mécontents du vote en commission tentent de saisir la dernière opportunité de modifier la position du Parlement avant les négociations en trilogue. Soixante et onze députés doivent avoir signifié par écrit leur volonté de s’opposer avant ce mardi soir minuit. Nombre d’élus français y voient un moyen de rouvrir les chapitres sur le nucléaire, qu’ils estiment défavorables au mix hexagonal.
En marge d’une réunion avec ses homologues des Vingt-Sept en Espagne, la ministre française de la Transition énergétique explique qu’il lui faut encore convaincre certains de ses homologues que « le nucléaire n’est pas une martingale ». La question du soutien accordé à l’atome – via des contrats à prix garantis – bloque toujours un accord entre États sur une réforme du marché de l’électricité. Agnès Pannier-Runacher dénonce « l’hypocrisie » de certains débats.
Dans le contexte de réindustrialisation du pays, et alors que la fulgurante hausse des prix en 2021-2022 est dans tous les esprits, le gouvernement veut sécuriser l’approvisionnement électrique de certaines filières stratégiques. La Direction générale des entreprises (DGE) « encourage fortement » EDF à multiplier les contrats de long terme avec les électro-intensifs. Et, selon nos informations, elle lui a même suggéré des volumes et des prix cibles. Un cadre de discussion qui pose question au regard des règles européennes sur les aides d’État.
Le mécanisme d’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) s’éteindra au 31 décembre 2025. La France entend lui trouver un successeur, notamment parce qu’il permet de protéger les consommateurs contre les fluctuations de prix, en s’appuyant sur la réforme du marché européen de l’électricité. Mais rien ne dit que celle-ci aboutira à temps. La question de la prolongation de l’Arenh, peu consensuelle, se pose donc déjà.