Novembre 2011. Fraîchement désigné candidat du PS à la présidentielle, François Hollande l’annonçait dans une tribune du Monde intitulée « Réussir la transition énergétique » :

La baisse de la part du nucléaire de 75 à 50 % du mix électrique à horizon 2025 « prendra du temps – trois quinquennats ».

Les esprits chagrins se demanderont s’il y incluait ou non son propre mandat. Le président a en effet échoué à remplir plusieurs de ses principaux objectifs : la fermeture de Fessenheim, caillou dans la chaussure présidentielle, actée dans la douleur par un peu orthodoxe décret, dépendra du bon vouloir d’EDF et du futur hôte de l’Élysée.

Sans parler du chantier de l’EPR de Flamanville, qui, sans dépendre du président, n’a pas été « conduit à son terme ». Une « montée » des renouvelables a bien été amorcée, mais la France a déjà échoué à atteindre son objectif pour 2020, fixé douze ans plus tôt.

Le fait que le quinquennat se soit caractérisé par une lenteur de la décision, notamment en matière d’énergie, peut-être favorisée par le style présidentiel lui-même, est sans doute aussi imputable à la valse de titulaires au poste de ministre de l’Énergie : Nicole Bricq (un mois et deux jours), Delphine Batho (un an et onze jours), Philippe Martin (près de neuf mois) et, enfin et surtout, Ségolène Royal (trois ans) !

Plusieurs points positifs sont tout de même à inscrire à l’actif du gouvernement : la COP21, la contribution climat énergie, les grands objectifs de la loi de transition énergétique, son débat national, la réforme du financement des énergies renouvelables et leurs appels d’offres pluriannuels, le balbutiement de l’autoconsommation ou encore le feu vert de Bruxelles au nouveau marché de capacité.

Mais, in fine, à l’instar du bilan officiel de l’application de la loi de transition énergétique et ses 95 % de décrets parus, ce bilan ne parvient pas à masquer le fait que l’essentiel des dossiers structurants concernant le mix énergétique et la concurrence devront être réglés par le prochain locataire de l’Élysée : nucléaire, hydroélectricité, Arenh…

Au futur hôte de l’Élysée

Politique énergétique : le lent réveil européen de la France. Le gouvernement français est loin d’avoir gagné toutes les batailles politiques menées à Bruxelles ces cinq dernières années. Mais il a appris de ses erreurs et manie mieux ses relations avec les autorités européennes. Lire notre article.

Rénovation énergétique : seule la première pierre est posée. En 2017, la France s’achemine fermement vers l’atteinte de l’objectif visé pour 2013. Au vu de la trajectoire actuelle, ceux fixés pour 2050 semblent inaccessibles. Sauf si la rénovation thermique passe au stade de la massification. Lire notre article.

Hydroélectricité : l’autre patate chaude énergétique. Non arbitré pour le deuxième quinquennat consécutif, le renouvellement des concessions hydroélectriques sera-t-il enfin tranché lors du prochain mandat présidentiel ? Collectivités et énergéticiens n’en finissent plus de s’impatienter. Lire notre article.

« La France n’est pas le pays de l’excellence environnementale.  » Fiscalité écologique, loi de transition énergétique, nucléaire… Jean-Paul Chanteguet, président PS de la commission du Développement durable de l’Assemblée, dresse pour Contexte le bilan du quinquennat en matière d’énergie. Relire notre interview.

Fessenheim : quand l’État découvre qu’EDF est une entreprise privée. Le conseil d’administration d’EDF a rejeté, le 6 avril, l’arrêt immédiat de la plus vieille centrale de France, infligeant un revers à François Hollande, qui en avait fait l’un de ses principaux engagements de campagne il y a cinq ans et demi. Relire notre article.

L’autonomie énergétique des outre-mer prend l’eau. La programmation pluriannuelle de l’énergie de Guyane a été publiée le 1er avril, tandis que celles des autres collectivités ultramarines se font attendre. Leur contenu est jugé incomplet et décevant par différents observateurs. Relire notre article.