Derrière les fâcheries sur le nucléaire, la rivalité industrielle entre la France et l’Allemagne

Voilà des mois que les deux pays s’écharpent à Bruxelles sur le statut de l’atome dans le cadre de la réforme du marché européen de l’électricité. Le sujet n’est pas qu’un symbole, en particulier pour Paris, qui mise gros sur ses centrales. Mais ces négociations houleuses cachent aussi une bataille sur la compétitivité des deux économies. Avec, en creux, la crainte d’un déclassement industriel de part et d’autre du Rhin.

Éditions Pouvoirs , Énergie
Anna Hubert, Simon Carraud, à Bruxelles
11 octobre 2023 à 8h00
Centrale nucléaire EDF de Cattenom, située en Lorraine. — M.ASTAR/SIPA

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Réforme du marché de l’électricité : quelles traductions françaises ?

L’accord trouvé par les ministres de l’Énergie des Vingt-Sept sur la réforme du marché de l’électricité ouvre la voie à l’élaboration de la régulation post-Arenh en France. Sans attendre que le cadre européen soit entériné, Paris réfléchit à l’articulation entre outils autorisés par la réforme et mécanismes nationaux, pour permettre aux consommateurs de bénéficier des faibles coûts de production du mix français. Des arbitrages seront rendus par le gouvernement dans les prochains jours.

Réforme du marché de l’électricité : valse à quatre temps pour un accord franco-allemand

Après huit heures d’intenses tractations le 17 octobre, les vingt-sept ministres de l’Énergie se sont accordés sur un mandat à défendre lors des négociations avec le Parlement sur la réforme du marché de l’électricité. Le « deal » final rassure les Allemands sur les risques de distorsion de concurrence tout en laissant la marge de manœuvre aux Français pour appliquer un prix garanti à leur électricité nucléaire.

Le contenu de l’accord entre les Vingt-Sept sur la réforme du marché de l’électricité

Contexte publie le texte proposé par la présidence espagnole du Conseil dans l’après-midi du 17 octobre. Il a permis de débloquer un accord entre la France et l’Allemagne en encadrant les contrats à prix garantis (CFD) appliqués aux centrales nucléaires existantes et aux nouvelles centrales.

Les ambassadeurs des Vingt-Sept renvoient la balle aux ministres pour réformer le marché de l’électricité

La réunion des diplomates le 13 octobre n’a pas permis de réconcilier la France et l’Allemagne – et leurs alliés respectifs – autour d’un texte commun pour réformer le marché de l’électricité. Contexte publie la dernière mouture sur la table. Les tractations se poursuivent mais les chances d’aboutir à un accord à Luxembourg, le 17 octobre, restent incertaines.

Prix de l’électricité : quand les négociations européennes s’enlisent, Paris accélère

Alors que les négociations sur la réforme du marché européen de l’électricité patinent, le gouvernement français prend les devants. Il a promis de présenter ses pistes de régulation post-Arenh dans les prochaines semaines. Paris fait donc cavalier seul, en imaginant des mesures nationales pour capter et redistribuer une partie de la « rente » d’EDF, quitte à s’isoler à Bruxelles.

L’Arenh pousse la France à presser le pas sur la réforme du marché européen de l’électricité

Le mécanisme d’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) s’éteindra au 31 décembre 2025. La France entend lui trouver un successeur, notamment parce qu’il permet de protéger les consommateurs contre les fluctuations de prix, en s’appuyant sur la réforme du marché européen de l’électricité. Mais rien ne dit que celle-ci aboutira à temps. La question de la prolongation de l’Arenh, peu consensuelle, se pose donc déjà.

Réforme du marché de l’électricité : comment Paris a branché Bruxelles

Paris mène un travail d’influence multifacette afin de convaincre l’exécutif européen d’adopter une solution « à la française » pour réformer le marché de l’électricité. Lobbyistes, scientifiques et ministères ont œuvré de concert à Bruxelles en amont de la présentation de la révision. Le 14 mars, la France s’est réjouie de voir que ses efforts avaient payé. Mais dans une négociation qui s’annonce encore ardue, elle entend continuer à défendre ses intérêts.

Les Européens déroutés par les tête-à-queue de la coalition allemande

Berlin a exigé le 14 mars de renégocier à la dernière minute un accord déjà scellé sur la révision des règles budgétaires européennes. L’épisode suit celui de la vente de voitures à moteur thermique, un autre dossier dans lequel l’Allemagne a soulevé des objections tardives. Ces volte-face, dues aux tensions au sein de la coalition à Berlin et aux déroutes électorales du parti libéral, mettent la patience des Européens à l’épreuve.

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