C’est un serpent de mer dont la filière cinéma n’arrive pas à se défaire. Du festival de Cannes aux Rencontres cinématographiques de Dijon, la réforme de la chronologie accapare les débats – souvent houleux – au sein d’une profession qui tarde à s’adapter aux évolutions du monde numérique.

Aujourd’hui, ce fameux dispositif, qui détermine le calendrier d’exploitation d’un film de sa sortie en salle à sa mise en ligne sur un service SVoD (vidéo à la demande par abonnement), est défini par un accord de 2009. Conclu entre les éditeurs de services et les organisations professionnelles représentatives des métiers du secteur (exploitants, distributeurs, producteurs, auteurs, artistes interprètes, techniciens, agents…), il est étendu à tous les acteurs opérant sur le sol français. Huit ans donc que rien n’a bougé, malgré les demandes pressantes des dernières ministres de la Culture, notamment Fleur Pellerin et Aurélie Filippetti.

Fin octobre, Françoise Nyssen a nommé un médiateur, Dominique D’Hinnin, pour encadrer et accélérer les discussions. Son objectif : parvenir à un accord dans les six mois – à l’occasion du festival de Cannes –, sans quoi elle décidera de légiférer. Un point d’étape est prévu le 5 mars, à mi-parcours. À cette occasion, le médiateur dévoilera les premières pistes de la réforme.

Si le secteur du cinéma a tout intérêt à s’entendre, la tâche s’annonce ardue tant les intérêts des différents acteurs s’opposent.

NOTRE DOSSIER :

Chronologie des médias : qui défend quoi ? [Infographie]

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